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CATALOGNEt
 

ACTUALITÉS DÉMOCRATES d’EUROPE du 1er JANVIER 2018

L’AVENTURE CATALANE

SUITE…

Le résultat des élections légales cette fois en Catalogne, aux listes électorales légitimes, est sans appel : les indépendantistes l’ont emporté ! Mariano Rajoy subit une lourde défaite.

PARTISpourcentage Nombre de députés

Ciudadanos 25,37% 37

Junts Per Catalunya 21,65 % 34

ERC 21,39 % 32

En Comu Podemos 7,45 % 8

La Cup 4,45 % 4

PP 4,24 % 3

Contrairement à la France, on n’élit pas directement en Catalogne un président, mais des députés. 135 députés élus voteront au plus tard le 6 février 2018 pour investir un président devant recueillir la majorité absolue (soit 68 voix).

Les 3 partis indépendantistes (ERC-CatSi, Ensemble pour la Catalogne, CUP) ont la majorité absolue (70/135 sièges et 47,5°/°, avec un taux de participation historique d’environ 82 % !), formeront le prochain gouvernement de Catalogne.

« L’État espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu ! » s’est exclamé depuis Bruxelles Carles Puigdemont , président destitué de Catalogne,Pourtant, pour la première fois dans l’histoire de la Catalogne, une candidature clairement contraire à l’indépendance : le parti libéral « unioniste » Ciudadanos, arrive en tête des élections (37 sièges). Inès Arrimadas son leader,avec 25,37 % remporte donc une victoire symbolique. Lourdement symbolique.

Il passe en 10 ans de 3 à 37 parlementaires. Cependant, sa victoire est en trompe-l’œil car les partis opposés à l’indépendance n’auront pas autant de députés que les séparatistes. Quant aux autres :socialistes au score décevant, ils ne dépassent pas 20 parlementaires et Podemos stagne avec 8 élus.

Mais pour le PP de Mariano Rajoy au pouvoir, c’est une lourde défaite : 3 élus (plus petit score de tous les partis en lice) et score ridicule de 4,24% des voix en Catalogne (pourtant 2erégion la plus importante du pays).

La situation est doublement compliquée pour le chef du gouvernement, dont les électeurs se sont fait aspirerpar Arrimadas. Et Puigdemont, que Rajoy était censé avoir mis hors d’état de nuire, arrive premier du bloc indépendantiste.


L’extrême-gauche révolutionnaire, séparatiste, anticapitaliste et anti-européenne -Candidature d’unité populaire (CUP)- a, de nouveau la clé de la formation du prochain gouvernement indépendantiste.Mais une alliance avec elle n’est plus indispensable : avec 4,5 % des voix et 4 députés, (6 de moins que lors de la précédente législature).Ces 2 dernières années, avec 10 députés, elle était incontournable pour que les indépendantistes obtiennent la majorité absolue, imposant ses conditions et menant la vie dure aux nationalistes de droite). Rappelons qu’en 2015, son opposition à l’investiture de l’ancien président Artur Mas, avait obligé, le Parti démocrate européen de Catalogne (PDeCAT) à choisir l’indépendantiste Carles Puigdemont, alors maire de Gérone.


Sous sa pression, les nationalistes, malgré des réticences internes et au risque de poursuites judiciaires, ont poussé leurs partenaires à des décisions radicales, de l’approbation des «lois de rupture», jusqu’ à la proclamation de la République.

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Carles Puigdemont, président destitué, a retrouvé son rôle de trublion. Même arrivé en 2ème position (21,7 % des voix), il savoure la majorité absolue des partis indépendantistes. Oriol Junqueras, ancien vice-président, son concurrent du parti de gauche indépendantiste l’a constaté à sesdépens. Du fond de sa prison madrilène, il pensait son tour venu (comme tous les sondages!). ERC, vaincu par Puigdemont, va devoir une fois encore resterle second couteau du futur gouvernement indépendantiste (avec l’extrême-gauche de la Cup).

LES LEÇONS  ?

L’Espagne est ramenée 2 mois en arrière, avant la proclamation de la «République catalane» et la mise en examen pour «rébellion, sédition et détournement de fonds publics» des dirigeants séparatistes.

Prison ou amnistie : Carles Puigdemont sera-t-il réinvesti président par la majorité indépendantiste parlementaire ? Il a promis tout au long de sa campagne de revenir... espèrant négocier une sorte d’amnistie judiciaire avec le gouvernement de M Rajoy. Légitimé par sa victoire dans les urnes, il demande l’arrêt de la mise sous tutelle de la région par Madrid et des poursuite pénales contre les organisateurs du référendum d’octobre. Si M Rajoy refuse, il serait mis en prison une fois un pied posé sur le territoire espagnol. Dans l’hypothèse oú  il ne reviendrait pas en Catalogne, il demeure l’homme fort du pays, pouvant placer à la tête de la Generalitat un(e) proche et manageant les affaires catalanes depuis Bruxelles.

S’il n’est pas parvenu à briser l’élan des nationalistes, M Rajoy, dans son rôle a reconnu la défaite de son parti mais refusé de discuter avec C Puigdemont.

Pour ne rien arranger, Ines Arrimadas dirigeante de Ciudadanos, centre droit en lutte contre le nationalisme catalan, entend incarner la réconciliation d’ une région déchirée. De fait, elle pourrait aussi revendiquer le pouvoir. « La majorité sociale désire l’union avec l’Espagne et l’Europe », a-t-elle lancé dans son discours de victoire, assurant que « les partis nationalistes ne pourront plus jamais prétendre parler au nom de toute la Catalogne ».

Deux issues s’offrent donc aux vainqueurs de l’élection : céder leurs sièges à des personnalités en liberté ou entrer en confrontation avec Madrid. Il est peu probable que Carles Puigdemont, dont le parti a finalement doublé ses rivaux indépendantistes, se retire de la course.

Le 23 janvier,

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