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ACTUALITÉS DÉMOCRATES d’EUROPE du 28 NOVEMBRE 2016

L’AVANCE DE F. FILLON FACE A  A. JUPPE EST UN REVERS POUR L’EUROPE

 

François Fillon, comme il l’avait souligné dans un discours à l’Assemblée nationale au lendemain du Brexit, souhaite réduire les pouvoirs de la Commission européenne en renforçant les pouvoirs du Conseil de l’UE.«Nous ne serons jamais un État fédéral. Nous sommes trop différents pour y  parvenir. Et ce serait, au demeurant, un contresens historique, car plus les nations sont bridées, plus les nationalismes sont agressifs » avait alors assuré le candidat.Il avait aussi évoqué la mise en place d’un gouvernement de la zone euro, piloté non pas par des élus européens regroupés au sein d’un Parlement de la zone euro, mais les parlements et gouvernements nationaux.

Bref, quand il entend le mot Europe, François Fillon répond France souveraine, un discours qui plait à l’aile droite du parti, tentée par le FN.

Le député européen FN, Florian Philippot, a d’ailleurs attaqué Fillon dès dimanche soir sur le sujet, affirmant que le candidat LR voulait accorder plus de pouvoir à Bruxelles, ce à quoi son porte-parole, Jérôme Chartier, a rétorqué qu’il s’agissait de l’inverse. Un débat clairement destiné à rallier les eurosceptiques. François Fillon, le candidat plus marqué à droite hérite aussi de la rhétorique quasi eurosceptique développée par Nicolas Sarkozy durant sa campagne.

Fillon PoutineComplaisance face à la Russie

Pour les partenaires européens, les inquiétudes se concentrent toutefois plus sur la politique internationale. Fasciné par Vladimir Poutine, François Fillon a fait preuve dans le passé d’une certaine complaisance face à la Russie, notamment sur le dossier ukrainien. Il connaît bien le chef de l’État russe, pour l’avoir rencontré à répétition lorsqu’il était Premier ministre : relation qu’il a entretenue depuis, notamment en fréquentant la datcha de Poutine, ou en le croisant lors des Jeux Olympiques de Sotchi.

On voit mal, dans ces conditions, comment l’UE pourrait renforcer des sanctions contre la Russie, en cas d’élection de François Fillon à la tête de l’État français https://www.fillon2017.fr/2016/06/28/brexit-intervention-assemblee-nationale/

La propagande russe ne s’y trompe pas : le député est un habitué des colonnes de Spoutnik, site internet en français financé par le Kremlin qui a consacré plusieurs articles pour souligner les louanges chantées par François Fillon sur l’action de la Russie en Syrie. Alain Juppé avait promis une campagne présidentielle pro-européenne, mais il n’a pas été audible ; dans les deux tours de la droite, on n’a guère entendu parler de l’UE!

Jean Arthuis , député européen, président de la commission du budget à la commission européenne,  twitte également : « Au fond, le débat entre deux Républicains, Fillon-Juppé,     c’est une convention pour ne pas parler d’Europe! Or elle conditionne notre destin.»

LECH WALESA VOLE AU SECOURS DE L’UE CONDAMNANT LES DERIVES EN POLOGNE (Interview Europe 1 JDD du 20 novembre) : «On est en train de perdre face au populisme. Les démocrates ne sont pas assez actifs, se laissant crier dessus, ils ne savent pas défendre leurs valeurs. À l’inverse, les populistes, minoritaires, savent donner de la voix… Nous devons trouver des solutions pour stopper le populisme qui existe en Pologne. C’est un mal qu’on peut transformer en bien. Ce n’est qu’un cycle, il n’est pas définitif».

BARACK OBAMA, EN TOURNEE EUROPEENNE, VIENT LUI AUSSI AU SECOURS DE L’UE, des Grecs et d’Angela Merkel, peut-être menacée et pas sûre d’être reconduite chancelière. Alors que l’UE devait être forte, du côté du Conseil européen,  on a des chefs d’état, rendus timorés pa rune période d’élection, F. Hollande chez nous, Matteo Renzi en Italie, Angela Merkel en Allemagne !

Côté Commission européenne, Jean-Claude Juncker ne semble pas être l’homme de l’énergie, face aux critiques sur son absence de réactions, face aux manquements du commissaire allemand du numérique et ceux d’anciens commissaires.

Le chroniqueur, D.Moïsi, conseiller spécial à l’Institut Montaigne , souligne que si «notre voisin d’outre-Rhin est fier d’être perçu comme une oasis de stabilité démocratique dans un monde instable, (…) les élites allemandes ont la hantise, après Trump et le Brexit, que la France choisisse le populisme».http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211513251477-lallemagne-a-peur-pour-la-france-2044218.php?QewcdBBkAsRloyVO.99

Laissons la parole à Lech Walesa (dans la même interview du JDD Europe 1)« ll faut redéfinir ce que veulent dire aujourd’hui la gauche et la droite, améliorer le système économique et capitaliste, se pencher sur les critiques concernant la démocratie.

Une partie seulement des Européens veut rénover. L’autre se demande s’il n’est pas plus facile de tout détruire pour reconstruire une Europe nouvelle. Je suis pour la rénovation, même si l’Europe manque de leaders pour la porter.

Il faut foncer, trancher sur les fondamentaux et les valeurs communes qui nous unissent, comme la liberté de marché et de circulation des personnes. Alors, le monde sera plus stable. Mais est-ce que la majorité des Européens le voudra?

La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne devraient être prêtes dès maintenant avec de nouvelles propositions, au cas où la destruction se produirait. Elles devront ouvrir cette Europe nouvelle à tous.

La démocratie est en crise partout. L’Europe comme les États-Unis sont allés trop à droite au lieu de prendre une direction plus sûre. On attend maintenant les élections françaises… C’est pourtant l’Europe qui guide le monde entier en matière de valeurs. Les États-Unis et l’Asie nous suivent. »

 

 

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