RSS Facebook Twitter
édito 1
 

ÉDITO DU 3 OCTOBRE 2016.

« Nous avons décidé de mener le combat pour la France, si souvent déçue ! »

 

 

 

Extraits :

Les autres se divisent et nous, nous formons un bloc. Je voulais vous dire que j’ai une très grande gratitude à l’égard de ceux qui forment avec et autour de moi cette équipe…

Je crois que c’est parce qu’on a laissé s’accumuler des échecs dont ceux que nous avons examinés aux tables rondes, à cette tribune, à savoir : l’école dont on ne cesse de perturber la vie, sans jamais concentrer les efforts sur sa mission et sur les femmes et hommes qui la font. On ne cesse de leur rendre le travail plus compliqué et leur image de plus en plus dégradée….

Le chômage : l’Unedic a annoncé hier que le chômage allait remonter l’année prochaine, qu’on aurait cette année plusieurs dizaines de milliers de chômeurs en plus. Voilà pour «l’inversion de la courbe» qu’on nous promettait !

La croissance : il a été aussi annoncé hier qu’au deuxième trimestre, la croissance française était négative. On l’avait prévue nulle. En réalité, elle a reculé alors qu’on nous disait que la croissance était de retour. Voilà pour le résultat que nous avons sous les yeux. Des pans entiers de notre outil de production qui lambeau après lambeau s’en vont, captés par d’autres et quittent le pays, le commerce extérieur en grande difficulté… Pour les déficits, je veux répéter devant vous cette promesse du président de la République François Hollande : c’était de revenir au-dessous de 3 % en 2013 et être à l’équilibre en 2017. En 2017, non seulement on ne sera pas à l’équilibre, mais on ne sera pas redescendus au-dessous des 3 %. La dette a continué à s’accumuler jusqu’à effleurer les 100% du PIB. Ces promesses-là étaient fallacieuses. Elles étaient des illusions. Elles ont été des mensonges. Et le mensonge mérite sanction. Il n’est donc pas étonnant que cette situation du pays se manifeste dans l’aggravation de l’extrémisme, et que gagne dans les esprits le sentiment de désarroi du pays…

Plus grave encore, la situation européenne. Et je vous assure que je dis ça le cœur serré. C’est la première fois de ma vie civique que j’ai un sentiment de menace brûlant à l’égard de cette œuvre de la construction européenne. Je vois ce qui se passe, ce qui se prépare. Je vois le gouffre qui se creuse entre l’Allemagne et la France, au moment où le Brexit devrait donner à la France une responsabilité éminente dans la reconstruction de l’Europe. Le grand écart tous les jours plus béant entre l’Allemagne et la France, la menace sur l’euro. Et si l’euro est menacé, l’Europe n’y résistera pas. 

Nous n’avons aucune leçon à recevoir sur l’amour de la France, sur le patriotisme et sur l’identité de notre pays. Notre pays, nous en connaissons et j’en connais, les villes, l’Histoire et les terroirs. J’aime en écrire et en parler. J’aime ce pays et ceux qui le font de passion charnelle. J’en connais les paysages. J’administre une ville qui est magnifique et j’aime toutes les villes. Cette France que j’aime, que je connais, que je sers et dont j’aime à parler, elle n’a pas besoin de l’hystérie de l’identité.

Elle n’a jamais été aussi grande que dans la tolérance et la compréhension mutuelle. La France n’a jamais été aussi magnifique qu’au moment de la signature de l’Édit de Nantes par mon ami Henri IV qui instaurait pour la première fois dans l’Histoire la paix et la tolérance entre religions différentes, entre catholiques et protestants. Et la France n’a jamais été aussi malheureuse et frappée de malédictions, 87 ans plus tard, qu’au moment où Louis XIV, dans un moment d’entrainement et de folie collective a décidé de la révocation de l’Édit de Nantes. Tout le monde à l’époque applaudissait cette décision, la majorité du peuple et les corps influents, et ce fut pourtant le début du malheur national et un appauvrissement sans précédent qui conduisit au bout du compte à la révolution et au renversement de ceux qui avaient pris cette décision !..

Parce que pendant qu’on renvoie les Français aux Gaulois, et les Gabonais au Gabon, on ne parle pas des vrais sujets de la société où nous vivons, de celle que nous voulons, du travail, des salaires, de l’école, de l’université, de la pauvreté et de la richesse, des inégalités qui augmentent, de la démocratie bancale et du découragement du pays. En détournant l’attention des citoyens de la vraie vie, en réalité, on les abuse et on les trompe. C’est une autre forme d’opium des peuples.

Il se trouve que pour nous c’est la vraie vie qui importe ! Et c’est la vraie crise de la France. Alors j’emploie cette expression de crise de la France et j’évite la crise globale dont on parle, car devant vous je dis et j’affirme qu’il s’agit bien d’une crise spécifique à la France, pas d’une crise générale dont la France serait une victime collatérale. Ceci est très important. C’est une ligne de clivage. Une partie de ceux qui participent au débat renvoient constamment les problèmes de la France à des responsabilités extérieures : c’est la faute de la globalisation, c’est la faute de l’Europe, c’est la faute de la mondialisation, c’est la faute de l’Allemagne.  

Et bien je suis heureux qu’Alain Juppé ait montré qu’il était un homme de volonté, qu’il était un homme de parole, qu’il était solide et responsable et qu’il était un homme d’honneur. Je trouve que ces quatre qualités méritent que nous manifestions, apportions et renforcions le soutien que nous avions décidé de lui apporter. Tout le monde sait, et c’est le moins que l’on puisse dire, que je n’ai pas une grande confiance dans le mécanisme de ces primaires. Tout le monde le sait et je ne m’en cache pas. Mais si grâce à nous – ce que montrent les enquêtes d’opinion-, c’est que c’est dans l’électorat du centre au sens large et dans l’électorat du MoDem en particulier que se situe le plus fort soutien qu’Alain Juppé peut espérer dans les mois qui viennent, qu’il existe la chance qui peut être saisie de porter à l’Elysée un homme de concorde, de volonté et de confiance.  Alors nous aurons fait ce que nous devions…

C’est une chance sans précédent de changer la vie politique du pays, de réunir des forces jusque-là éparses, de faire renaître en même temps le grand courant du centre français. Car j’en ai la conviction, tous ceux qui appartiennent à ce grand courant du centre, et qui l’aiment, tous ceux-là vont soutenir Alain Juppé. C’est un ferment d’unité pour le pays, et pour la famille du centre que nous avons la mission de reconstruire.

Si c’était l’autre option qui l’emportait, ceux qui préfèrent la division et l’affrontement national, alors je vous le dis : nous ne laisserons pas les Français et la France condamnés à ne pouvoir choisir qu’entre des impasses, qu’entre des échecs. Le Président sortant, c’est une impasse. Le Président précédent, c’est une impasse. L’extrême-droite, c’est pire encore. Nous ne lâcherons rien de nos raisons de choisir l’unité de la France, le drapeau de la volonté nationale, de la réunion du pays pour résoudre ses problèmes, le drapeau de l’idéal européen, en tout état de cause, je vous l’affirme et je m’y engage, nous ne serons pas absent de cette élection. La tâche est immense. Permettez-moi d’en aborder trois chapitres principaux…

Le premier chapitre est l’éducation. S’il y a un sujet sur lequel j’ai le sentiment d’avoir été trahi, beaucoup plus que les affaires politiques, économiques, c’est ce que l’on a fait à l’éducation nationale. L’homme est trahi, le père de famille est trahi. Je vous assure que ce désarroi que j’exprime, tous les enseignants le ressentent. Ils ont tous la rage au cœur et moi aussi. J’ai la rage au cœur devant ce qu’on fait à l’éducation nationale. Partout où il restait un peu d’ordre, on a mis le désordre, on a obligé les enseignants à suivre des consignes absurdes, à faire de la pluridisciplinarité artificielle alors que les élèves ont tellement besoin de structures solides et simples pour aborder le savoir. On fait tout cela au nom d’une idéologie minoritaire et ringarde, d’un pédagogisme partout dépassé. C’est terrible. C’est le métier le plus exaltant, et aussi le plus difficile du monde, et au lieu de soutenir les enseignants et de leur laisser faire leur métier en conscience, on les ballade de réunion en réunion, d’injonction en injonction, et ils savent bien eux, que rien de tout cela ne marchera, que c’est une apparence, une illusion, une bulle de savon, du pipo, qu’on les trompe et les humilie en les emmenant dans une voie contre leur gré, contre leur expérience et contre leurs convictions. Ils n’osent même plus le dire !

Le choix du nivellement par le bas est un choix antisocial. Ce n’est pas un choix social. Tous ceux qui sont nos petits frères et nos semblables qui viennent de milieux sociaux non favorisés ni par les relations, ni par les moyens financiers et culturels, s’il n’y avait pas eu l’école pour les porter au plus haut, ils n’auraient pas pu, ni moi, ni vous, ni les autres. C’est parce que l’école a été exigeante qu’elle a été généreuse. Je plaide pour que l’on fixe des objectifs qui soient des objectifs ambitieux et que l’on fasse confiance à ceux qui ont la charge de faire avancer les enfants ensemble. Si l’on m’avait dit que ce serait un gouvernement dit de gauche qui rayerait d’un trait de plume les humanités !

Je crois que la confiance est la clef du débat public, la clef de l’adhésion des citoyens, la clef du développement, la clef de l’investissement, la clef de l’économie, la clef de l’innovation. C’est la clef qui ouvre toutes les serrures dans un pays. Il se trouve que lorsque le Général De Gaulle est revenu aux affaires en 1958, en quatre ans il a rebâti la confiance du pays. Je suis persuadé que nous pouvons le faire. Il suffit d’identifier les questions et de s’engager pleinement, sans faux semblant, sans masque, sans ruse, dans la résolution de ces questions. On a besoin de femmes et d’hommes publics qui croient à leur mission, qui font passer l’intérêt général avant leur intérêt particulier, qui parlent vrai, qui parlent clair, qui n’ont pas peur du jugement de leurs concitoyens. Et j’en suis sûr, il n’en faudra pas davantage pour que le regard change. Il n’en faudra pas davantage pour que renaisse l’estime des citoyens par rapport à ceux qui les représentent et à qui ils confient la charge de les gouverner. Et c’est l’estime qui ramène la confiance. Et c’est cela notre mission, et c’est cela notre engagement. Voilà notre contrat avec les Français, voilà sur quoi nous avons décidé de mener le combat, et de rendre à la France, si souvent déçue, si souvent trahie, ce dont elle a besoin pour vivre et pour se redresser, son espoir, et sa confiance.

 Pöur visualiser la totalité du discours : http://www.mouvementdemocrate.fr/article/nous-avons-decide-de-mener-le-combat-pour-la-france-si-souvent-decue

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
 

Les commentaires sont fermés pour cet article !