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édito 1
 

Édito du 11 juillet 2016.

BREXIT :

IL N’Y AVAIT PAS DE PLAN B !!

Ils n’avaient pas de plan B ! On nous avait déjà fait le coup en France ! Cette fois, ce sont les hommes politiques anglais ! Le camp du Brexit ne comptait pas gagner. Aujourd’hui, personne ne sait comment faire !

David Cameron jette l’éponge et laisse son successeur se débrouiller pour des querelles intestines au parti conservateur. Les hommes politiques britanniques sont-ils à la hauteur des enjeux ?

RÉACTIONS EN CHAÎNE et RICOCHETS.

Exit Cameron, qui laisse ses ministres faire campagne contre lui… Est susceptible de lui succèder sa ministre de l’intérieur, Theresa May, connue pour ne pas aimer la charte européenne des droits de l’homme et qui fit campagne pour le remain «du bout des lèvres».

Dans l’autre bord politique, Jeremy Corbin -trop anti-libéral- qui n’a pas voulu s’afficher pour le remain par sectarisme (craignant d’ être assimilé aux conservateurs, partisans du grand marché unique), porte la responsabilité du vote des 37% des travaillistes pour le Brexit…

Les conservateurs s’entre-tuent : M. Gove défenseur acharné du Brexit et Theresa May «liquident» Borris Johnson. Ce serait shakespearien si ce n’était grand guignolesque ! Avant le scrutin, le premier ne se jugeait pas capable d’être premier ministre. Aujourd’hui après une indiscrétion de sa femme, il change d’avis, mais il est considéré comme « traite » par une bonne partie des conservateurs. Du coup, c’est Andréa Lindsom qu’y s’y colle !! Mais son manque de notoriété ne devrait pas faire pâtir l’étoile de Theresa May en qui certains voient déjà une nouvelle Margaret Tatcher. Riffifi aussi chez les travaillistes de Corbin, dont le shadow cabinet subit des démissions en cascade.

Les ambitions mesquines des conservateurs et des travaillistes apparaissent donc au grand jour, ainsi que leur manque de projet ! Les partisans du remain se sentent floués, manifestent et ne veulent pas s’incliner. Mais la démocratie, c’est le respect du vote… L’Ecosse menace de faire sécession ; son chef de gouvernement, Nicola Sturgeon, est même reçue à Bruxelles dès les jours qui suivent ! Quid de l’Irlande réunie ? Nigel Farage parade ! à Bruxelles, devant la commission et au Parlement Européen !

Côté UE, Juncker affiche rapidement la fermeté, à l’égal de chefs d’état européens. Mais Angela Merkel, en patronne, court-circuite les institutions, convoque François Hollande et Matteo Renzi pour prendre une position commune, tout en les enjoignant de ne pas se presser…

Le bateau brûle mais on fait attendre les pompiers. L’attente n’est bonne pour personne, à commencer par les marchés financiers, dominés par la City, qui détestent l’incertitude. L’électrochoc espéré se produira peut-être en octobre, voire en 2017… On dit Angela Merkel ferme sur ses positions, mais n’a-t-elle pas reculé sur l’immigration après avoir ouvert grand ses frontières ?

ANALYSE SOCIOLOGIQUE DES VOTANTS DU NON EN ANGLETERRE : ENCORE UN COUP DES ÉLITES EUROPÉENNES !!

Revenons sur les causes du Brexit : les analystes imputent le résultat aux vieux, aux ruraux des zones sans beaucoup d’immigrés, aux artisans et ouvriers contre les jeunes, les urbains employés des services, et dont l’opinion s’est exprimée à propos d’enjeux ne relèvant que peu, voire pas du tout de l’UE !  Une amie anglaise me parle de complot : «des intellos d’Eaton, Cambridge, Oxford et les Londoniens qui se moquent du peuple !» Quel peuple ? Les Irlandais du Nord ? Les 62% d’Écossais favorables au remain ?

La situation socio-économique n’explique pas tout : à droite comme à gauche, le refus de l’UE est lié à la classe sociale, au niveau scolaire et culturel, mais l’euroscepticisme s’appuie sur le rejet partagé de la classe politique, du centralisme, de la bureaucratie et au manque de transparence, -d’autant que l’UE est lointaine et son fonctionnement incompréhensible-. En fait, le contexte anxiogène du à la mondialisation, au déclin national et européen, accentué par la mauvaise gestion de la crise des migrants, donnant le sentiment de l’impuissance de l’UE a exarcerbé les arguments des partisans du Brexit.

Les grands objectifs de l’Union (paix, protection des citoyens) ne sont plus compris. Les Etats, mauvais pédagogues, ont gardé les fonctions régaliennes (éducation, défense, sécurité, économie), cantonnant l’UE sans budget, sans pouvoir, à réglementer le marché.

Le traité constitutionnel et celui de Maastricht, qui voulaient plus de politisation, ont été des échecs, malgré les efforts de démocratisation et la nomination du président de la Commission. Les réformes institutionnelles, difficiles à appréhender, ont accentué le sentiment d’impuissance de l’UE et son rejet.

Enfin, tous ont échoué à promouvoir l’UE, à commencer par les chefs d’état siègeant au Conseil européen, qui depuis des années se sont défaussés sur Bruxelles. Après l’hypocrisie et la lâcheté qui ont conduit Borris Johnson et David Cameron à leur perte, communiquer sur les enjeux et les questions concrètes d’une façon crédible nr paraît plus possible…

Tout le monde connaît les solutions pour redynamiser l’UE : davantage d’intégration politique et l ‘acceptation d’une certaine perte de souveraineté (oh ! dirait Marine Le Pen), davantage de communauté en matière de défense, de sécurité, de grands projets d’avenir structurants, avec des objectifs clairs, une gouvernance politique et économique, pour en finir avec l’ultra libéralisme à l’origine duquel les Anglais furent souvent, et une Europe plus sociale luttant contre le chômage, et imposant un salaire minimum européen ainsi que des normes en matière de travail détaché et de fiscalité.

Sortira-t-on des postures caricaturales des vociférateurs criant au complot comme Nigel Farage ou Marine Le Pen en cette période où beaucoup d’hommes politiques se préparent à une nouvelle élection (l’Autriche par exemple pour une seconde élection présidentielle) ?

LA CONTAGION EN EUROPE ?

édito 2Contagion des référendums, tentations de sécession de régions au risque d’ une dislocation de l’UE : tout est à craindre même si certains voient dans ce tremblement de terre une chance à saisir vite, pour relancer l’UE. Toutefois, quand Marine Le Pen d’un côté, et J-Luc Mélanchon de l’autre se réjouissent, on ne peut que s’inquiéter et penser à ces rapprochements transpartis de la campagne du Brexit !

Les métaphores pleuvent pour le Brexit : séisme, effondrement, onde de choc, etc…Au lendemain du vote, les électeurs apprennent qu’on leur a menti : non l’argent épargné n’ira pas au «National Health service», (santé publique) ! non l’Europe ne réglemente ni la forme ni la taille des bananes ! En France, Nicolas Sarkozy embraye sur l’idée d’un referendum sur l’Europe et ironise sur la réglementation des concombres, c’est faux et dangereux. Et quand bien même l’Europe réglementerait : On ironise sur la normalisation des chasses d’eau ! En attendant ces nouvelles règles permettent d’économiser l’eau qui va devenir le problème de tous !* Ces normes européennes assure la sécurité sanitaire du consommateur : on peut manger un yaourt ou boire de l’eau en pleine sécurité, de la Grèce au Portugal ! Et puis, un pays seul pourrait-il imposer des normes aux jouets chinois, aux nounours dont les yeux peuvent être avalés ? C’est tout l’enjeu du TTIP…Qui donc explique les bienfaits de l’UE ? PERSONNE !

Les Anglais verraient bien un statu quo jusqu’en octobre au moins pour choisir leur premier ministre : on a voté contre mais on reste…

Mais Il n’est pas sûr que les autres européens soient plus dignes… Les gouvernants continuent à malmener l’UE, lui faisant endosser leurs erreurs : qui gouverne ? Le conseil européen, c’est-à-dire les chefs d’états réunis. Durant la crise financière, puis grecque, ils ont donné l’impression d’avoir plutôt aggravé les choses. L’Allemagne ?

L’Europe aussi va mesurer les conséquences du Brexit. Certes et dans le plus grand secret, certains avaient planché sur la sortie de la Grande Bretagne, sans aboutir. La fin de l’UE ? Un sursaut avec le groupe de l’Euro ? Nul ne peut le dire : axe Washington-Paris renforcé ? L’Allemagne perd un allié libéral, plus ouvert à l’économie de marché que la France et l’Italie. Les alliances sont-elles à refonder, fussent-elles informelles ? 

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*«bandes dessinées créées sur le site BirdsDessines.fet publiées avec l’autorisation de son éditeur qui ne peut être tenu responsable des propos tenus dans les phylactères.»

Recours au référendum, désir des autres peuples de s’exprimer ? Si les mensonges avoués de N. Farage servaient de leçon… mais dès que l’on critique, on est réputé faire partie du complot !… Les médias vont avoir un rôle majeur pour pousser les hommes politiques à argumenter, à les interviewer vraiment, non leur offrir une tribune sans contradiction. Encore faudrait-il d’autres hommes politiques courageux et visionnaires…

Michel Rocard était de ceux-là. Venu à Vannes, en mai 2009 à l’invitation de la maison de l’Europe du Morbihan Bretagne sud, il avait présenté sa vison de l’Europe, de la France, du monde, brillamment, avec ce débit rapide, témoin d’une pensée qui va plus vite que le discours. Drôle, affable, accessible, proche des jeunes, amical, simple, humble ! Un homme brillant sans une once de condescendance , qui n’avait pas besoin de briller, et prêt à s’effacer pour une grande cause ! Mais pour un Michel Rocard, combien de médiocres ?

Le Modem pourrait se pencher sur cette refondation de la politique !

Armelle SEITE SALAUN                                                                                                   Jean-Yves TREGUER

Vice-présidente du MoDem 56                                                                                         Président du MoDem 56

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