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France 1
 

Actualités Démocrates de France du 11 juillet 2016.

François Bayrou : «Rassembleur, ne veut pas dire terne, ou gris. Voilà pourquoi il faut mettre toutes les ressources disponibles au service du nouvel équilibre»

Extrait : La modération, que vous pouvez représenter, peut-elle être à la hauteur de la situation ? La modération n’est-elle pas la conservation de l’existant, dans une version « modérée » ?

atlanticoPas du tout. La modération est une réponse à la crise. Une crise se caractérise par une perte d’équilibre. Pour un pays, une société et même pour les gens. Deux réponses sont alors possibles. Soit vous accroissez le déséquilibre en dressant les gens les uns contre les autres, en ciblant telle ou telle catégorie, en cherchant des causes extérieures à la situation qui est la vôtre. Soit vous cherchez à reconstruire un équilibre. J’appartiens à ceux qui cherchent à reconstruire un équilibre. L’ecclésiaste a dit : « toute demeure divisée contre elle-même périra ». Le problème du déséquilibre dans lequel nous sommes, est qu’il crée des explosions en chaîne. L’extrême gauche a explosé, le parti communiste a explosé, le parti socialiste a explosé, la droite se déchire, le Front national lui-même n’est pas à l’abri, mais aussi les écologistes qui ont connu l’explosion ultime, et le centre s’est divisé pour de secondaires ambitions. C’est une situation où la France se perd elle-même.

La vocation politique vaut la peine quand elle choisit de conjurer cette fatalité, et cela pour moi est une nécessité personnelle et historique. Certains s’en fichent, pourvu qu’ils aient un succès électoral. Ce n’est pas mon point de vue. Je connais la vie : je sais très bien que les passions sont plus fortes que la raison, et que les passions noires l’emportent sur les passions blanches. Mais je sais aussi que ce dont le pays a besoin, c’est le contraire : de l’équilibre, de la compréhension mutuelle, du rassemblement.

Mais rassembleur, cela ne veut pas dire terne, ou gris. Voilà pourquoi il faut mettre toutes les ressources disponibles au service du nouvel équilibre : l’émotion, l’engagement, la passion, le rire, la tendresse, la colère, le caractère irréductible. Nous avons besoin d’entraîner les gens.

Pour lire l’intégralité de l’interview :

http://www.mouvementdemocrate.fr/article/la-moderation-est-une-reponse-a-la-crise 

logo express« Le temps est venu de distinguer ceux qui veulent partager les grands choix politiques et ceux qui sont là seulement pour faire du commerce « .

Extraits :

Qu’est-ce qui a cloché? 

On se focalise sur le marché au lieu de mettre en valeur les grands choix politiques. Ensuite, ce qui a détruit l’équilibre, c’est l’opacité de l’Europe institutionnelle. Il n’y a pas un Français sur 10000 qui sache ce qui se prépare à Bruxelles, ce qu’on va y décider en son nom, où et quand la décision sera prise. Seuls sont au courant les initiés, gouvernants, fonctionnaires ou parlementaires. Enfin, la prolifération réglementaire donne l’impression que l’Europe ne se préoccupe que de l’accessoire :moteurs de tondeuse, produits chimiques, bruit des aspirateurs..

Pour en finir avec cette « prolifération administrative » un référendum ?

J’ai été en désaccord avec l’idée défendue par N Sarkozy de court-circuiter le « non » au référendum de la Constitution européenne 2005, par un traité adopté par le seul Parlement – qui deviendra le traité de Lisbonne. Aujourd’hui, on ne peut demander aux Français s’il faut rester ou partir, parce qu’on n’a jamais défini ce que « rester » signifiait. Je propose que l’on rédige un texte d’orientation clair, la feuille de route, le mandat qui sera celui du nouveau gouvernement français, et que l’on soumette ce mandat au vote des citoyens. 

Recentrer ? 

Rappeler que l’Europe politique doit se concentrer sur les grands choix, la sécurité, la protection de ses frontières, les grands choix d’avenir, la stratégie commerciale vis-à-vis du monde. La Banque centrale travaille très bien, mais doit des comptes aux Européens. De même pour les grands sujets d’environnement, que nous ne pouvons traiter qu’ensemble vis-à-vis du reste du monde. 

Clarifier?

le champ d’action de l’Union : séparer ce qui est politique et ce qui est réglementaire. Quand Europe signifie « normes », elle perd son sens et permet à Boris Johnson de dire n’importe quoi sur Bruxelles qui fixerait la courbure des bananes. Pour faire du commerce, il faut respecter les mêmes règles, bien sûr, mais ces questions doivent être séparées des compétences politiques majeures de l’Union. Créons donc une agence de normalisation, installée ailleurs qu’à Bruxelles, pour que les choses soient clairement distinctes, comme on a installé la Banque centrale à Francfort. 

Informer ?

Immédiatement réalisable : que les institutions européennes achètent chaque mois une page dans les journaux pour exposer aux citoyens les sujets en débat, où en sont les décisions, qui va les prendre et à quelle date, et que les citoyens puissent interpeller leurs représentants, comme dans leur pays. Pas besoin de changer les traités .  Les Conseils de chefs d’Etat et de gouvernement doivent tenir une partie de leur travail, la plus solennelle au grand jour, en public, à la télévision, pour qu’on sache vraiment ce que défendent le chancelier allemand, le président de la République française, le Premier ministre italien.Si les questions d’harmonisation fiscale étaient ainsi exposées, les buralistes se passionneraient pour l’Europe! 

Social et éducation? 

Le social mérite harmonisation progressive. L’éducation relève des nations, concerne leur identité, leur manière originale d’envisager leurs culture et avenir.

Que dire à ceux qui croient que la nation, c’est l’avenir? 

Je n’ai jamais compris l’opposition entre nation et Europe. Notre nation, c’est notre communauté de destin cadre dans lequel nous nous déterminons. Les grands ensembles sont une nécessité pour survivre, et le Royaume-Uni va s’en apercevoir… Pour la France, appartenir à l’Union est une condition sine qua non de l’influence et même de l’existence. 

Y a-t-il en Europe des alliés pour votre vision?

Les partenaires seront là, à condition que la vision existe! Depuis des années, la France est à la rue sur la question européenne. L’Europe, c’est une coopérative, pas une féodalité. 

Et François Hollande? 

Grande déception : pour moi il était un Européen convaincu, dans la lignée de Jacques Delors. Or, depuis quatre ans et demi, je ne dis pas qu’il ne fait rien, mais il n’expose jamais clairement une vision française.

France 2En réveillant le rêve fédéral? 

Quand on dit « fédéral », les Français entendent « effacement des nations », ce qui pour moi est inacceptable. Je préfère dire « coopératif », comme en agriculture. . L’Europe est faite non pour estomper l’identité de ses membres, mais pour affirmer un choix historique et même prophétique:

L’absence de vision française de l’Europe vient aussi de l’affaiblissement des centristes. Cette famille existe-t-elle encore? 

Je n’en doute pas. Elle a été victime de deux démons: le démon de la division et le démon de la soumission. Mais elle existe, s’unira forcément, et le plus tôt sera le mieux. Son influence se mesure autour de 15%. Mais unifier ce grand courant ne suffira pas: il faut aussi l’élargir, le rendre porteur de renouvellement civique, faire surgir une génération nouvelle. 

Pour retrouver l’intégralité de l’interview :

http://www.mouvementdemocrate.fr/article/leurope-est-faite-non-pour-estomper-lidentite-de-ses-membres-mais-pour-affirmer-un-choix-historique

 AFP PHOTO/JOEL SAGET 

ITéléLes jeunes ont voté à 75 % pour demeurer européens ! Et ce sont les générations beaucoup plus âgées qui ont, elles, choisi de revenir à l’isolement britannique. Quand un peuple vote contre ses enfants, contre les forces vives les plus jeunes de son pays, alors il y a là un signal très inquiétant.

pour retrouver l’intégralité de l’interview

 http://www.mouvementdemocrate.fr/article/les-jeunes-ont-vote-a-75-pour-demeurer-europeens-quand-un-peuple-vote-contre-ses-enfants-le-signal-est-inquietant

 

 

rtlL’association catholique intégriste CIVITAS a obtenu l’agrément de l’état pour devenir un Parti politique 

http://www.marianne.net/devenus-parti-les-integristes-civitas-visent-lobby-lgbt-les-organisations-laicistes-100244023.html

François Bayrou, est-ce que ça vous choque, vous, croyant et catholique, que Civitas, association proche de l’extrême droite et de l’intégrisme religieux, ait pu obtenir son agrément et puisse devenir un parti politique ?

«Je suis croyant et même pratiquant et absolument opposé à l’idée qu’on mélange religion et politique. Franchement, nous passons notre temps à pointer du regard l’islamisme, à dire qu’il y a là quelque chose de profondément déstabilisateur. Que peut-on dire à ces gens qui s’égarent dans cette voie-là, si chez nous, nous nous mettons à faire la même chose et à dire que la vie politique est commandée par la religion.

Je me battrai comme citoyen attaché à la laïcité et comme croyant attaché au fait que la foi est une démarche personnelle qui ne doit pas être mélangée avec la loi».

LCP« Lorsque l’on ne veut pas de débat à l’Assemblée, le risque est que le débat soit dans la rue »

Pour consulter l’intégralité de l’interview :

http://www.mouvementdemocrate.fr/article/lorsque-lon-ne-veut-pas-de-debat-a-lassemblee-le-risque-est-que-le-debat-soit-dans-la-rue

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