RSS Facebook Twitter
édito 1
 

Édito du 21 février 2016.

Messieurs les Anglais, trahissez les premiers…

Le Conseil Européen des 18 et 19 février vient de donner un «blanc seing» aux exigences britanniques, pour permettre à David Cameron de se présenter en vainqueur devant ses électeurs et ainsi, lui offrir le maximum de chances pour maintenir le Royaume-Uni dans l’Union Européenne.

À quel prix et pour quelles compromissions passées entre Donald Tusk, Président du Conseil Européen, le Conseil Européen et les négociateurs britanniques ?

Pas d’intégration plus poussée au sein de l’Union Européenne

Toujours soucieux de construire une Europe à la carte, et de leurs intérêts exclusifs, les Britanniques, veulent pouvoir être exemptés de l’une des clauses du traité de Rome, qui stipule «une union toujours plus étroite», qu’ils considèrent comme un engagement vers une intégration politique qu’ils refusent.

Il semblerait, si on lit entre les lignes, que l’accord signé à Bruxelles, leur donne entière satisfaction sur ce point, mais ouvre la voie à la création de deux blocs de pays au sein de l’Union Européenne. Et cette exception britannique devrait, à l’occasion d’une prochaine révision, être incluse dans le traité européen…

Un nouveau mécanisme pour contester les décisions de la zone euro

édito 2Non seulement nos «amis» britanniques ne sont pas et ne veulent pas entrer dans la zone euro, mais ils voudraient avoir leur mot à dire dans toutes décisions monétaires des pays de la zone euro ! Par ce biais, Londres veut donc s’assurer qu’aucune décision des 19 États membres de la zone euro, ne nuise ni aux activités, ni aux intérêts de la City !!!!

Le Président Hollande assure que ce n’est pas le cas, David Cameron clame qu’il a obtenu satisfaction sur ce point ! Qui croire ??????

En posant le principe d’un «respect mutuel » des États membres et non-membres de la zone euro, Donald Tusk avait ouvert la porte aux prétentions de Londres, soucieuse de faire reconnaître que l’Union Européenne «peut avoir plusieurs monnaies», assertion contraire à l’un des objectifs majeurs de l’Union Européenne : «créer une union économique et monétaire, dont la monnaie est l’Euro».

Des droits nouveaux pour les Parlements nationaux

Bien que rappelé, le principe de subsidiarité était attaqué par Londres, qui souhaitait l’octroi de nouveaux droits aux parlements nationaux. C’est fait, et pour l’ensemble des 27. Où va l’ EUROPE?

Il est en effet écrit que si 16 des 27 parlements des États de l’Union Européenne, s’accordent pour mettre en cause un projet de législation européenne, les recours éventuels de ceux qui l’estimeraient contraire au principe de subsidiarité, déclencheraient une «discussion approfondie» au Conseil Européen, jusqu’à ce que celui-ci tienne compte des remarques émises par les parlementaires nationaux. Autant dire l’enterrement du principe de subsidiarité !!

Un retour en arrière en matière d’immigration et de libre circulation à l’intérieur de l’Union Européenne.

Le Conseil Européen a entériné la revendication de David Cameron, qui réclamait le droit pour le seul Royaume-Uni, de priver d’allocations sociales, durant les quatre premières années de leur séjour, tout ressortissant des autre pays européens, qui s’installerait en Grande-Bretagne.

Les effets des «Petits Arrangements et des marchandages minables…»

 

Tous ces marchandages, ces compromis, n’ont «in fine» qu’un seul objectif pour le Royaume–Uni et son référendum prévu en juin prochain : «Une Europe réformée à la sauce britannique, ou une Europe sans les Britanniques» !

édito 4David Cameron, en digne héritier de Margaret Thatcher, continue et continuera de réclamer à ses partenaires européens de nouvelles concessions, afin d’être en mesure de dessiner une Europe essentiellement «business», qui à moyen ou long terme ne pourra que se désintégrer.

Dès son entrée dans la Communauté Européenne, la Grande-Bretagne n’a eu de cesse d’en saper les institutions, de les complexifier, de les contourner, faisant ainsi le jeu des europhobes.

L’Europe ne peut pas continuer à garder en son sein, un pays qui exige le pluralisme monétaire et s’oppose à l’intégration politique -deux des piliers fondamentaux de la construction européenne-, et exige de son voisin -la France- de contrôler seule à Calais leur frontière commune, au prix d’une HONTE humanitaire, qu’il serait le premier à dénoncer, s’il n’y était indirectement partie prenante…

Les ouvertures faites par le Conseil Européen et son Président Donald Tusk, sont inacceptables et ne doivent pas être acceptées, car elles ne font que «servir la soupe» à David Cameron. Ne pouvions-nous, pour une fois, être fermes ?

Le «Brexit or not Brexit», des britanniques est leur affaire, c’est à eux et à eux seuls de dire clairement s’ils veulent avoir les deux pieds dans l’Europe ou les deux pieds hors de l’Europe. Pour le reste, et quelle que soit la décision de nos amis britanniques, notre histoire commune perdurera !

Pour conclure, je me permettrai de reprendre la conclusion d’un communiqué de presse de Jean Arthuis, représentant de notre région au Parlement Européen 


Le référendum de Cameron est l’affaire des Britanniques. Plutôt qu’un marchandage minable, proposons leur de partager notre vision de l’Union européenne en devenir, une Europe politiquement gouvernée, une Europe puissance mondiale, une Europe compétitive, Une Europe solidaire.

Seul point d’accord avec Cameron, oui il faut changer les traités pour que l’Europe revienne dans l’Histoire».

Jean Yves TRÉGUER

Président du Modem 56

birds

* « Les bandes dessinées de cet article ont été créées sur le site BirdsDessines.fr et publiées avec l’autorisation de son éditeur qui ne peut être tenu responsable des propos tenus dans les phylactères

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
 

Les commentaires sont fermés pour cet article !