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édito une
 

ÉDITO DU 29 Juin 2015.

L’HEURE DE VÉRITÉ POUR LA GRÈCE ET L’EUROPE.

Nous sommes arrivés dans la dernière ligne droite de la négociation entre les responsables européens et le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, élu le 26 janvier de cette année. Il est donc le représentant du peuple grec.

Il est à la tête du parti d’extrême gauche Syriza. Mercredi, la banque centrale grecque a lancé une alerte en disant que si les négociations entre Athènes et la troïka de ses créanciers (FMI, BCE et Commission européenne) échouait, cela mènerait directement à un défaut de paiement de la Grèce, et donc à une sortie de la zone euro.

La BCE** a relevé mercredi de 1,1 à 84,1 milliards d’euros le plafond des liquidités d’urgence que les banques grecques peuvent retirer auprès de leur banque centrale. Depuis le début de la crise en 2009, les Grecs ont retiré plus de 100 milliards d’euros de leurs comptes par mesure de sécurité, au cas où la Grèce serait en défaut de paiement. Ces retraits se sont accélérés ces derniers jours. Le débat est de plus en plus vif entre ceux qui sont prêts à une sortie de la Grèce de la zone euro (Grexit) et ceux qui veulent à tout prix l’éviter.édito 2

Les investisseurs privés ont déjà accepté une perte de 50 à 70% de leurs créances. Ils ne détiennent plus que 50 milliards de la dette globale qui s’élève à 320 milliards d’euros. Les Etats de la zone euro ont aussi prêté beaucoup d’argent. Ainsi, la France a prêté 9 milliards d’euros en 2010 et s’est portée garante pour 31 milliards en 2012. En cas de défaut de paiement de la Grèce, la France perdrait ainsi 40 milliards d’euros ce qui correspond à 615 € par Français. Les intérêts sont donc liés.

édito 3La situation actuelle est la conséquence d’une entrée de la Grèce dans la zone euro grâce à des comptes falsifiés. La corruption a été omniprésente dans ce pays sous les régimes successifs de gauche et de droite. La perception de l’impôt était réduite et l’économie parallèle dominait. Chaque fois que la corruption est forte, ce sont les plus faibles qui trinquent et les plus riches qui s’enrichissent. Cela se vérifie partout dans le monde, y compris chez nous en France.

Dans un premier temps, la troïka a imposé une austérité violente pour rétablir la transparence des comptes et pour éponger la dette. Simultanément des étalements de remboursements ont été consentis. Mais, ces mesures ont frappé principalement les classes moyennes et basses. Les grandes fortunes, dont l’église orthodoxe et les armateurs, ont réussi à échapper fortement à l’impôt. En quelques années, la Grèce a perdu 27% de son PIB. La poursuite de la politique d’austérité ne peut que renforcer la pauvreté et ne permet pas une reprise de la croissance. La misère et l’injustice entraînent toujours la violence et l’arrivée des extrêmes. C’est ce qui a permis l’arrivée au pouvoir du parti d’extrême gauche Syriza*** en janvier de cette année. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets en Espagne aux élections régionales et municipales du mois de mai. Partout où l’austérité a été la règle absolue avec l’augmentation des injustices et de la corruption, les indignés ont eu le soutien des masses populaires.

Pour moi, il semble clair que nous devons sauver l’Europe en sauvant la Grèce, berceau de la démocratie. Il est clair aussi que cela doit se faire par des mesures de responsabilité au niveau du gouvernement grec et de solidarité au niveau de la zone euro. Le repli sur soi aboutit toujours à l’arrivée de dictateurs et ne fait qu’amplifier la crise et l’oppression des plus faibles. Il faut que l’impôt soit enfin prélevé de manière systématique et que les plus gros propriétaires n’y échappent pas, église compris.

Il faut également que la TVA soit légèrement augmentée pour que l’État ait les ressources nécessaires pour payer ses échéances et pour soutenir l’activité. Il faut enfin que le système de retraite, qui atteint aujourd’hui 17% du PIB, soit revu et coûte moins cher à la collectivité.

Mais, il faut aussi que de l’autre côté, le comportement des grands fonctionnaires internationaux change et que la condescendance laisse la place au respect de l’autre. Christine Lagarde* n’a pas hésité à dire en parlant des responsables grecs : «Y-a-t-il des responsables dans la salle ?» édito 4

Le FMI doit être plus modeste et se souvenir qu’il a lui-même reconnu qu’il s’était trompé dans sa politique unique d’austérité pour les pays endettés. S’il est juste et raisonnable de freiner les cigales dans leur insouciance, ce n’est pas en les tuant que l’on règle le problème.

La vérité n’est pas unique et donc la pensée ne peut l’être, à commencer par la pensée économique. Je me souviens de la période où le Japon était la référence absolue pour les responsables économiques. Cela ne l’a pas empêché de sombrer dans la déflation. Ce combat doctrinaire des économistes me semble aussi mauvais que l’affrontement stérile de la gauche et de la droite.

Une fois de plus, c’est dans le dialogue et le compromis que se situe la réponse aux problèmes posés. La sanction abusive de comportements passés n’a jamais été la garantie d’une prospérité future.

édito 5Rappelons ces deux mots fondamentaux qui doivent primer dans les heures cruciales qui viennent : RESPONSABILITE et SOLIDARITE. Il est raisonnable de penser qu’ils prendront le dessus.

Jacques JEANTEUR

Militant du Modem des Ardennes

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

* FMI : http://www.economiematin.fr/news-fmi-dette-pib-grece : «le FMI se fout de nous !»

* DSK : http://www.info-grece.com/actualite/2015/06/27/les-conseils-de

** BCE : Vidéo Actualités Questions/Réponses Shopping À tout moment Hier Semaine dernière Mois dernier Sur tout le Web En français En France Le choix cornélien de la BCE www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/27/le-choix

*** TSIPRAS : http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/grece-le-referendum-surprise-de-tsipras-seme-la-confusion_1693997.html

 

 

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