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Actualités Démocrates d’Europe du 1er juin 2015.

LES JEUNES FRANÇAIS NE SONT PAS PRÊTS D’ALIGNER LEUR NIVEAU EN LANGUES ÉTRANGÈRES À CELUI DE LEURS VOISINS EUROPÉENS…

Le 12 mars 2015, la Ministre de l’Education Nationale a présenté son projet de réforme du collège au Conseil Supérieur de l’Education, qui acte la suppression des classes bilangues en 6e. 

Voici le point de vue de Philippe Juvin député européen depuis 2009, membre de la Commission Marché intérieur, protection des consommateurs (IMCO) et de la Commission Environnement et Santé (ENVI).images

«Désormais, tous les élèves commenceront une deuxième langue en 5e, et n’auront plus la possibilité de l’apprendre dès la 6e dans ces classes bilangues. En 5e, cette deuxième langue vivante sera enseignée pendant… deux heures par semaine. Qui peut sérieusement soutenir qu’on apprendra l’Allemand en deux heures par semaine ?

Les classes bilangues, qui permettent d’étudier deux langues vivantes dès la 6e, étaient une arme qui permettait d’espérer que les élèves français comblent un peu de leur retard en langues vivantes.

Selon la Commission européenne, les jeunes Français affichent un très faible niveau en langue à la fin de leur scolarité. Seuls 14 % des lycéens maîtrisent bien une première langue (l’Anglais), et 11 % seulement une deuxième langue. En comparaison, les jeunes suédois sont 82 % à maîtriser parfaitement l’Anglais. Ces résultats sont catastrophiques pour notre pays et sa capacité à peser sur les affaires du monde.

L’Allemand est une langue exigeante, qui nécessite plus de temps d’apprentissage que l’Anglais. En commençant en 6e, les collégiens avaient plus de chance de la maîtriser en arrivant en Terminale. Il est malheureusement probable que cette réforme aura aussi un effet sur le Latin : les parents hésiteront à inscrire leurs enfants en Latin en 5e s’ils doivent débuter au même moment une seconde langue vivante.

Comment ose-t-on prétendre vouloir valoriser les langues quand on supprime tous les dispositifs qui permettent de progresser ? Et, comme le dit une professeure d’Allemand, « si les Français ne brillent pas en langue ce n’est pas une fatalité, pour progresser, il suffit de s’en donner les moyens. Qu’on cesse d’incriminer les professeurs de langues qui font ce qu’ils peuvent face à 28 élèves au collège et 35 au lycée! »

Une autre proposition miracle de notre ministre est de généraliser la première langue dès le CP. La belle affaire: enseignée par les professeurs des écoles, cela ne coûte rien. Cela fait des années qu’on enseigne les langues en primaire, mais là encore, quand les enseignants parviennent à leur consacrer deux heures hebdomadaires, ils ont de la chance et la réforme des rythmes scolaires n’a rien fait pour les aider…

Lors d’une intervention publique, la Ministre s’est découverte. Elle a condamné les sections européennes parce que trop élitistes. La suppression des classes bilangues illustre au fond cette préoccupation idéologique de niveler par le bas. En imposant un rythme d’apprentissage unique des langues, Najat Vallaud-Belkacem interdit aux élèves qui en auraient les capacités d’apprendre deux langues dès la 6e. Ces classes bilangues étaient aussi et d’abord des classes de haut niveau général, et pas seulement en langues. Elles doivent donc disparaître…

La réforme du collège est catastrophique. Elle ne remédie pas au faible niveau des élèves qui est clairement objectivé par toutes les mesures internationales. Dans le domaine des langues, elle va faire mourir l’enseignement de l’Allemand et probablement du Latin, et creuser notre retard par rapport à nos voisins européens.

SOURCES : HUFFINGTON POST, EURACTIV * cio-academie-rouen.over-blog.com

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