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Édito du 6 octobre 2014.

«N’AYEZ PAS PEUR» … OU TAISEZ-VOUS

Je suis un vieux soldat. Les temps présents me disent qu’il est temps de reprendre les armes, différemment, bien sûr : l’âge ne me permet plus de porter des armes de guerre, comme je le fis pendant des années. Contribuant à gagner un conflit majeur, qui ne s’est jamais déclaré sur le théâtre européen ailleurs que dans les esprits, j’ai «dissuadé». Notre adversaire d’alors s’est provisoirement effondré.

Voilà quatorze ans que nous avons changé de siècle. Il paraît que le XXème a été le plus violent de l’histoire de l’humanité, avec deux guerres mondiales, marquées par le suicide de l’Europe, ainsi qu’Hiroshima et Nagasaki. Nous avons d’ailleurs encore de quoi recommencer ces drames au centuple. Au risque de choquer, je dis que le XXIème est déjà encore plus violent. Il ne s’agit plus de violence « institutionnelle » : État contre État, alliance contre alliance. Bien pire, il s’agit d’une violence désordonnée, née des injustices et des frustrations accumulées, sans freins, car les références morales, éthiques, religieuses ou citoyennes ont été consciencieusement combattues et affaiblies, ouvrant un boulevard au veau d’or depuis des décennies.

« SI LA GESTAPO AVAIT LES MOYENS DE VOUS FAIRE PARLER,

LES POLITICIENS D’AUJOURD’HUI ONT LES MOYENS DE VOUS FAIRE TAIRE»…

Coluche 

C’est dire s’il nous faut inventer de nouvelles solutions face aux défis du siècle, nécessitant lucidité, imagination, audace, anticonformisme et générosité, qualités aux antipodes du monde politique actuel. Incapable de se réformer lui-même, comment pourrait-il réformer la société et gérer les violences qui s’annoncent ? Il faudrait abandonner la notion de «carrière», consistant à parasiter -autant que faire se peut à vie- un système qui garantit l’emploi, apparente finalité, alpha et oméga de la vie publique. Il faudrait savoir dire les choses crûment, abandonner la langue de bois aux fins ne se mettre personne à dos. À cet égard, l’homme du «Vive le Québec libre», qui sut dire non en 1940, a quand même réussi le «Je vous ai compris», illustration parfaite du discours ambigu, unissant pour un instant toutes les parties au conflit dans une même ovation ! Du grand art !

Or, nous entrons dans une période où il faut faire le contraire : dire ce qui est mal quand on juge que c’est mal, que c’est bien quand on juge que c’est bien, et surtout dire ce que l’on pense et ce que l’on veut faire. Tant pis si on suscite des inimitiés, en servant une cause que l’on juge juste. La tyrannie du politiquement correct a durablement anesthésié la politique française. On n’ose plus s’exprimer, par peur de l’ostracisme ! Or, le siècle veut des combattants, qui seuls, seront entendus. Un million de manifestants pacifiques par trois fois dans les rues de Paris n’ont pas obtenu gain de cause en 2013 ; alors que cent mille personnes cassant tout sur leur passage l’auraient obtenu…banalité aux informations du 20 heures ! 

Ça fait mal, n’est-ce pas, de lire cela ? Oui, mais c’est vrai. Le temps de l’angélisme est passé. Celui des politiques pontifiant en termes savants et mesurés est révolu. Nous entrons dans un monde de brutes. Il est temps de s’en rendre compte et de s’y adapter. Si notre honneur et nos convictions nous interdisent toute forme de violence, Dieu merci, du moins, combattons par les mots en défendant bec et ongles nos convictions.

«N’ayez pas peur» … ou taisez-vous 

Jacques ISNARD

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